Le 26/01/2010
Apparenté tout à la fois au Léviathan et au sauveur de la planète, la Chine qui, en maître à jouer redistribue les cartes, bouscule tous nos modus operandi. En effet, depuis que l’Empire du Milieu a instauré un classement, celui de Shangaï en l’occurrence, les données universitaires de recherche, développement et d’innovation (RDI) en sont tout ébranlées. Et, qu’on le veuille ou non, dans l’attente d’un classement estampillé UE, cette taxinomie a donné le la des restructurations de l’économie de la connaissance déjà ébauchées à Bologne en 1999. La Lorraine qui, par l’action conjuguée de ses acteurs dans ce domaine et dans le cadre du plan de relance, a refusé de se laisser dépasser par les événements, comme de se laisser sombrer, a réagi brillamment en convainquant Madame Pécresse, Ministre de l’Enseignement et de la Recherche, de rejoindre les onze autres pôles universitaires d'excellence déjà sélectionnés (nous étions alors en décembre 2008) .
Les dotations pour partie annoncées et les appels d’offre effectués, la Lorraine passe aujourd’hui la vitesse supérieure et donne de la voix, appuyée en cela par l’action concertée et menée tambour battant des politiques messines et nancéiennes, sans oublier le renforcement de la Charte Sar-Lor-Lux dont le bras armé, l’Université Grande Région (UGR), se détend pour mieux créer nombreuses initiatives transfrontalières. Les universités de Nancy et de Metz sont maintenant autonomes (1er janvier 2009 pour la première, 1er janvier 2010 pour la seconde) et comptent parmi les 51 universités (sur un total de 83) à voir leurs responsabilités et compétences élargies.
Afin de s’attaquer au classement de Shangaï où pour l’heure elle ne figure pas en tant que telle, l’Université Lorraine s’emploie à se structurer, à rassembler et, surtout, à se donner une visibilité notoire. Car à l’horizon 2012, date programmée de son éclosion, l’Université Lorraine sera forte de 60 000 étudiants ; 122 000 étudiants et presque 4000 professeurs répartis sur les sites de Liège, Luxembourg, Trèves, Sarrebruck, Kaiserslautern, Metz et Nancy, feraient de l’Université Grande Région, l’université la plus importante d’Europe occidentale ! Le potentiel existe, les moyens également qui pourraient avec le Grand emprunt se renforcer, demeure maintenant à établir la lisibilité du mastodonte qui croît dans l’ombre et par lequel un nouvel essor économique, tout comme une nouvelle image, donneraient une énorme bouffée d’oxygène à une région très touchée par la crise.
C’est pourquoi « l’Université Lorraine » a répondu favorablement à l’audition publique du CES et plus particulièrement de la Commission 2 élargie aux autres commissions tant il est vrai que le développement de l’Université Lorraine touche des domaines nombreux et variés. En effet, du secteur du bâtiment au développement du mieux vivre estudiantin, en passant par les transports entre les différents sites aux conditions d’hébergement : le plan Campus regarde toutes les compétences des socioprofessionnels.
Désireux de dresser un état des lieux, le CES a auditionné trois responsables en leur demandant de présenter chacun un dossier autour d’une thématique préalablement fixée en commission. C’est ainsi que débutait Jean-Luc Blin-Lacroix, chef de Projet Campus Lorrain présentant : « Campus : projet universitaire, projet patrimonial » ; intervention suivie de celle du président de l’université de Paul Verlaine de Metz, Luc Johann, autour de la thématique Grande Région : « De la charte Sarre-Lor-Lux-Lux-Palatinat à l’Université Grande Région (UGR) ». A François Laurent, président de l’UNPL, le difficile exercice de la conclusion et d’un sujet épineux : « Université Lorraine : fin du schisme pour quel rayonnement ? » Les trois intervenants ont ensuite répondu aux questions d’une quarantaine de conseillers désireux de faire le point sur ces différents dossiers mettant aux prises de nombreux partenaires et collectivités.
D’où il ressort qu’avec plus de 500 diplômes proposés, des unions et partenariats qui feront la force de l’Université Lorraine, plus de 100 laboratoires labellisés et organisés en 9 secteurs de recherche, 8 écoles doctorales (pour 115 doctorats préparés), 800 000 m2 d’implantations universitaires répartis sur 57 sites principaux, l’économie de la connaissance lorraine devrait trouver une place prépondérante et dans le classement de Shangaï et sur le territoire national comme celui de la grande Région. Bien entendu, la problématique de la gouvernance et de l’organisation des modalités institutionnelles sont encore en devenir et constituent le socle de l’Université Lorraine. Pour l’heure, après une mise à jour et au jour de certaines données, le CES entend investir différents domaines relatifs à l’élaboration de l’Université Lorraine. Affaire à suivre…
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