Refonte de dessertes TGV : déclaration du CES de Lorraine

Le 26/01/2010

La SNCF envisagerait une refonte conséquente de ses dessertes TGV pour 2011. D’après l’opérateur ferroviaire, certaines liaisons, en particulier province-province, ne seraient pas suffisamment rentables en raison d’une baisse de fréquentation liée à la crise et d’une augmentation record des péages exigés par RFF. Parmi elles, les relations via la LGV Est Strasbourg-Lorraine-vers Lille, mais également vers Nantes et Bordeaux.
Si elle était confirmée, cette décision, inacceptable, toucherait durement le Grand Est et tout particulièrement la Lorraine.
Les collectivités territoriales du Grand Est se sont engagées, c’était une première en France, à contribuer au financement d’une infrastructure de type LGV. De plus, il y a quelques mois, elles ont signé une convention pour la réalisation de la 2ème phase de la LGV Est Européenne. Au total, ce n’est pas moins de 1,150 milliards d’euros (22% du total du coût des travaux) apportés par ces dernières à la construction de la LGV Est.
Cette prise de position de la SNCF pourrait sérieusement fragiliser la qualité des relations ferroviaires de la Lorraine avec le reste de la France.
Comment ne pas imaginer une remise en cause des engagements financiers récents de notre région, elle qui regrettait déjà qu’aucune desserte en Gare Lorraine vers l’Allemagne du Sud et la Suisse ne lui soit garantie avec la réalisation de la seconde phase de la LGV Est.
Il faudrait donc, qu’en plus, notre région accepte une réduction à peau de chagrin de ses relations vers Roissy, l’Ile de France, la France du Nord et Atlantique. Impensable en plein contexte de Grenelle de l’Environnement et de conclusions positives, par le Commissaire enquêteur, de l’enquête publique sur l’opportunité de la création de la gare de Vandières.
La SNCF doit clarifier ses propos. De même, RFF et l’Etat, mis en cause de fait par l’opérateur ferroviaire français, quant au coût de péage trop élevé, doivent impérativement s’expliquer. Il faut en effet sortir de ce mal français qui organise en permanence un jeu de poker menteur entre les deux entreprises ferroviaires et un Etat actionnaire-juge arbitre qui ne dit pas quel jeu il joue et entretient de fait un imbroglio permanent.
Le CES de Lorraine soutiendra bien évidemment l’action des élus.
La deuxième assemblée de la Région Lorraine est prête au débat pour montrer à quel point l’organisation même de la gestion du réseau TGV est aujourd’hui responsable de désengagements qui apparaissent paradoxaux à un moment où la priorité aux transports plus économes en énergie est affirmée.

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